Je me sens doucement submergée. Tout m'envahit : l'inconscience de certaines personnes, les questions et les répliques d'autrui, les commentaires non souhaitées et même les actes gentils des gens. [Même les mouches s'acharnent contre moi.] Arrêtez, laissez-moi vivre, laissez-moi tranquille. Je veux avoir pour seule compagnie la solitude. Chaque petit geste de plus est un petit geste de trop, cela me met presque hors de moi. Je me sens parfois invisible et même quand je ne le suis pas, c'est comme-ci on choisissait volontairement ou involontairement de m'ignorer. Je vois que je n'ai pas ma place ici, je vois ces petits pantins vivre très bien sans moi. Je voudrais rentrer chez moi. Je le veux tellement que les larmes me viennent aussi rapidement que naturellement. Je me dis qu'elle prendrait bien soin de moi si elle était là. Je me rappelle qu'elle parle bien français, qu'on rit des mêmes choses et qu'on se comprend. C'est bien à ces moments-là que je pense à elle, que je pense à notre évasion possible. Zut ! Je me rappelle aussi que je n'aime pas ses vêtements. A vrai dire, je ne sais pas si c'est moi réellement ou si c'est vous qui me dites de ne pas les aimer. Comment savoir ? Vous m'avez tellement influencé. Il m'est impossible de savoir.
Comment parler d'authenticité ? Comment dire soyez vous-mêmes. Je trouve que c'est de la connerie. On n'est jamais vraiment nous-mêmes. On est premièrement ce que nos parents ont fait de nous ou plutôt une partie de cela. Je trouve juste de dire de ne pas copier mais comment faire quand on aime ce que l'autre a fait. On prend ce qu'on aime, on personnalise et c'est le notre.
Je conclus par dire que j'ai découvert une chose juste en m'asseyant ici comme une pauvre timbrée ou plutôt la timbrée que je suis.